Hermine et Renaud

Entre conscience et folie, donner la vie chez soi.

Naissance de Pierre, le 2 juin 2017 au Poizat (01130)

C’est à chaud que je vais tenter de vous conter cette journée du 2 juin. La veille je trouve bébé bien énervé dans mon ventre : il gigote dans tous les sens, essaie de repousser les limites de ses parois qui ont l’air de lui sembler bien étroites… Et le col a l’air de travailler par la même occasion. Je me sens fatiguée, je n’ai envie de rien, je laisse traîner la vaisselle. Tout est prêt à la maison pour accueillir bébé. J’ai passé toute la grossesse avec un col modifié à imaginer qu’il pourrait arriver au plus vite. Donc dès 37 semaines j’étais prête, et j’attendais… Je suis aujourd’hui à 40sa.

A minuit, un écoulement de liquide chaud me réveille. Le bouchon muqueux certainement… Cela présage d’un début de travail prochain, quelques heures, ou quelques jours, je ne m’alarme pas. A 2h première contraction. Présente mais je respire en silence… Puis ça reprend toutes les 5 minutes. Je ne m’affole pas, j’ai déjà eu une petite séance similaire il y a quelques jours. Et puis quand même, c’est régulier et suffisamment fort pour que j’en informe l’homme qui tente de trouver le sommeil à côté. A 4h on décide d’appeler la sage-femme. On avait convenu que l’on appellerai au plus tôt car deuxième accouchement, donc possiblement rapide. Ma grande fille Jeanne (2ans ½) – qui n’a pas un sommeil toujours fiable ces derniers temps – passe une bonne nuit, c’est génial. Nathalie arrive à 5h, accompagnée de son fils de 4 ans, petit contretemps. Bon. On se réadapte. De toute façon, si c’est rapide, notre amie viendra garder Jeanne et ils resteront à la maison. Nous attendons également une autre amie photographe qui s’est proposée de couvrir l’événement. Ça va faire beaucoup de monde pour cet accouchement !

4-Examen confortable chez soi.jpg

Il est donc 5h, je suis dilatée à 3 mais le col n’est pas effacé. Il y a encore du pré-travail à faire… Nathalie et son fils s’installent pour dormir un peu dans la chambre de bébé. Jeanne se réveille, elle descend jouer avec son père pendant que je reste me reposer un peu plus. Quand je descends déjeuner les contractions sont plus rapprochées, on décide d’appeler Anne-Claire qui va venir pour garder Jeanne. Lorsqu’elle arrive, je me suis allongée, les contractions se sont espacées et sont moins fortes… Je sens que ça peut s’arrêter, j’ai pourtant envie que ça démarre, tout le monde est là pour ça. Et puis tout le monde part : Nathalie amener son fils à l’école et Anne-Claire chez elle avec Jeanne. On se retrouve en amoureux, par un magnifique matin d’été dans une maison volets fermés.

1-Balade en amoureux au petit matin

J’ai une envie irrésistible de profiter de ce matin-là, de profiter de notre environnement montagnard, de profiter d’avoir un petit bébé d’été, de profiter des bienfaits de la marche sur les contractions, de profiter de ce moment en amoureux… Quel bonheur, les pieds dans la rosée, cueillir des fleurs au petit matin, prendre chaque contraction qui vient avec vue sur la montagne, le soleil sur le visage et l’air frais dans les cheveux… Je me rends compte de la chance que j’ai et je suis reconnaissante d’avoir cette possibilité de mettre mon enfant au monde dans mon environnement familier, dans mon foyer. Car 3 cm avec des contractions aux 5 minutes depuis plus de 2h… Cela aurait été le moment de se rendre à la maternité. Pour nous cela signifie que c’est le moment de mettre la petite pancarte sur la porte : « Ne pas déranger, Naissance en cours ». Mais voilà, lorsque nous rentrons et que je me repose un peu, les contractions se sont de nouveau espacées. Lorsque Nathalie revient, nous décidons de repartir en balade tous les trois. Un petit chemin qui descend jusqu’au Replat, le petit village d’à côté. Je n’ai pas été aussi loin de toute la grossesse ! C’est très agréable, nous faisons du tourisme, de la botanique, nous parlons portage, je m’arrête régulièrement pour prendre chaque contraction suspendue au cou de Renaud pendant que Nathalie me masse le bas du dos. On a trouvé notre petit rythme. J’ai pleinement conscience de ma chance, pouvoir marcher en montagne pendant le pré-travail alors que j’arpentais les couloirs ternes de la maternité pour ma première.

Il est déjà midi lorsque nous rentrons ; j’ai besoin de me poser quelques minutes sur le matelas avant de reprendre des positions de suspension que nous avons imaginé. Mais là, de les voir tous les deux vaquer à leurs occupations, de voir l’heure tourner, je suis prise d’une vague de culpabilité… C’est long, je leur fais perdre leur temps… Je ne pensais pas que ce serait si long… J’ai peur que cela dure encore toute la journée ou plus… J’ai peur. Je le dis. Je me rends bien compte que je suis encore tout à fait présente et consciente entre les contractions, que je peux tenir une conversation normale. Je ne suis pas dans cette folie du travail, cette bulle d’hormones… C’est que ce n’est pas encore le vrai travail, je m’en rends compte et j’ai peur. Une larme coule. Je ne suis pas de nature à refouler mes émotions. Je suis plutôt quelqu’un qui les accueille et les extériorise. Alors je laisse aller. S’il y a bien un moment dans la vie où l’on doit lâcher les blocages, c’est au moment de donner la vie, se purifier des impuretés, renaître avec son enfant. Alors je pleure, je ne sais même plus pourquoi. D’abord quelques larmes, puis de gros sanglots incontrôlables. Du fond des tripes je vide mon sac, soutenue par les épaules de mon amoureux, simplement présent. Je sens le sourire de Nathalie, confiante, heureuse de me voir lâcher prise. Mais moi je ne sais plus pourquoi je pleure ; je raconte tout ce qui me passe par la tête, par le cœur, une douce folie s’empare de moi. « Mais après je serai plus enceinte » « C’est moi sa maman. Je l’avais à moi dans mon ventre, on était tous les deux mais après il faudra que je le partage alors ? Alors il faut vraiment que je le… mette au monde ? ». Je pense à ma fille, elle me manque, j’ai très envie de la serrer dans mes bras. Je réclame sa couverture doudou. Et pendant tout ce temps… Aucune contraction… Mon corps m’a laissé ce temps dont j’avais besoin pour évacuer un trop plein, décider mon esprit à laisser cet enfant, à vivre ce moment entre deux mondes…

5-Pendant les contractions.jpgDès que les sanglots s’estompent, une contraction arrive, plus forte, plus longue. Et les suivantes aussi. A chaque montée de la vague, je m’agrippe à ce que je peux : l’accoudoir du canapé, le bras fort du chéri. A genoux devant le canapé, je m’enfouis dans la pile coussins et d’oreillers devant moi, je plonge dans la sensation, ma voix accompagne la douleur : « Ohhhhhhhh Ahhhhhhhhh ». C’est grave, ça vient du ventre. Je bouge le bassin. J’entends la voix de mon ange derrière, mon guide, « Visualise ton col, son ouverture ». Alors j’obéis. Je lutte. Je dirige la douleur vers le bas. Je m’efforce de m’ouvrir en me disant que ça ne pourra être que plus rapide. Mais je pars. A chaque contraction je pars loin dans la sensation, je suis un peu submergée par cette force, je n’ai pas le temps de me concentrer, de visualiser la vague qui m’aiderait à avoir moins mal. Je me prends la douleur en pleine face. A chaque pause je suis de nouveau là. Présente, consciente, « Fuck c’est puissant ! ». Je bois mon énième verre de diabolo grenadine. Je leur dis qu’il faut qu’ils mangent car il est midi passé. Et la contraction revient. Et puis il y en a une plus forte, plus longue, surprenante, que je n’ai pas le temps d’accepter, je hurle. Mais dans le fond de ma douleur je réalise « ok on passe une étape là, accepte. ». Et je lâche mes sons « Ohhhhhh Ahhhhhh », graves, qui viennent du ventre. Entre deux je reviens à cet était normal, je demande « Dis donc c’est fort là tu crois que c’est le vrai travail ça y est ? ». Elle m’examine je suis à 7, le col est effacé, elle est fière et contente (je vous passe l’épisode de la contraction prise sur le dos… Insurmontable…). Je n’ai plus trop la notion du temps mais il me semble que ça ne fait pas si longtemps que nous sommes rentrés de la balade. Je crois entendre Renaud qui prépare la piscine entre deux contractions, j’entends le coulis de l’eau, ça m’apaise instantanément. Je lui demande de le laisser mais c’est difficile à réaliser, dommage. Je me dis qu’à un prochain accouchement il faudra que je prenne un CD de bruit d’eau à Nature et Découvertes… Et je me fais rire de penser ça dans un moment pareil…

Depuis que l’on prépare l’accouchement à la maison, je me suis toujours demandé comment j’allais bien pouvoir m’habiller, que j’aurais un minimum de pudeur et d’organisation. Quand je voyais ces images d’AAD avec ces femmes nues je me demandais bien comment elles avaient pu en arriver là. Et bien laissez moi vous expliquer. Après que Nathalie m’ait examiné, une contraction est arrivée, je n’ai absolument pas eu le temps de remettre mon slip, je me mets tout de suite à genoux, dans mes coussins, pour l’accueillir. Mais c’est pas grave je suis bien, je sens que ça libère mon bassin, en tout cas dans ma tête. Ca me rend courageusement vulnérable, libre, sauvage. Et puis d’un coup j’ai chaud. Très chaud. Enlevez moi ce T-Shirt et ce soutien gorge qui m’oppressent. Ahhhh l’air sur ma peau, la fraîcheur des tissus… Je ne veux rien d’autre, revenir à l’essentiel, à la nature. Entre deux je confirme avec Nathalie que je suis bien en travail actif et je demande la permission d’aller dans l’eau si la piscine est prête. Comment peut on être si polie dans un moment pareil… Je me dépêche avant la suivante, j’immerge le bas de mon corps juste au moment où elle arrive et ahhhhh quel 6-Dans la piscine.jpgsoulagement immédiat. Le contact de l’eau, la douce chaleur apaisante. Les contractions sont extrêmes. Pendant une je bats des bras, je ne trouve plus mon soutien mon support je hurle « Renaud !!! Renaud !!! ». Le pauvre court partout, je crois me rendre compte qu’il était en train de faire chauffer de l’eau pour remplir la piscine. Mais j’ai trop besoin de lui, de ses mains, de ses bras qui me soutiennent avec force à chaque vague comme ils l’ont fait depuis le début. Je me rends compte que je ne suis pas capable d’avancer sans cela… Et nous cheminons ensemble.

D’un coup il se passe quelque chose d’immense, de puissant, de plus fort que moi, je ne comprends pas, je suis entièrement envahie, submergée, perdue, minuscule face à l’étendue de la sensation. Je hurle, aussi fort que je ne l’ai jamais fait auparavant je crois, je hurle du fonds de mes entrailles, le cri de la terre, le cri de la vie ; celui que l’on ne retient pas, qui nous envahit, qui dure, qui se transforme, que l’on ne comprends pas, qui nous connecte à la puissance de la vie elle même. Je me sens crispée, je lutte, c’est trop tôt, je ne suis pas prête. « Non non !!! C’est quoi ça ??? ». J’entends la petite voix « C’est ton bébé qui descend Hermine c’est super ! ». Dès que ça se calme un peu j’analyse, j’essaie de comprendre, je récite mes bouquins. « Mais t’as dit que j’étais à 7 c’est trop tôt c’est pas possible ! Je suis pas prête ! Ahhhh ça pousse ! Non ! Mon périnée ! ». Je navigue entre deux mondes opposés : l’analyse et l’abandon. Je n’arrive pas à faire le choix entier de me laisser aller. Et j’entends mon guide, mon ange « Il faut que tu détende Hermine, laisse aller, détend toi, c’est ton bébé qui descend, il est juste là, bientôt tu sentiras son poids sur ton ventre. ». Alors j’essaie… Mais c’est dur… Je me crispe, j’ai besoin d’une pause, je serre les jambes ! Tout va tellement vite. Après avoir imaginé toute la grossesse un accouchement rapide, j’ai depuis le matin intégré l’idée que cela pourrait finalement être long… Je suis donc extrêmement surprise et peu préparée à le laisser arriver. Il est pourtant là, à quelques centimètres d’être dans mes bras. Alors je déclique. De toute façon il arrive Hermine, autant que ça se passe avec toi et pas contre toi. Ok accepte. Alors je me tourne dans l’eau, je me mets sur le dos. « Ok comment on fait, comme ça c’est bon ? ». Et ça pousse. C’est dingue, c’est immense. « Regarde Hermine, sens-le ». Je mets la main, je commence à sentir des petits cheveux. Comme pour mon premier accouchement, je m’attends à ce que la tête remonte puis redescende par à-coups. Mais non. Pas d’à-coups. C’est tout tout de suite tout le temps. Je fais de la place à cette petite tête qui arrive, j’écarte les tissus en douceur pour laisser passer ce grand bonheur… Je ferme les yeux très fort dans l’immensité. Je ne vois rien. Je sens tout. Et puis un petit truc qui pique. C’est son nez, ça glisse dehors, la tête est là ! Encore un petit effort… J’attrape ce que je peux, je sens un petit bras tout flasque sortir de moi j’ouvre les yeux et là dans l’eau un petit bébé !!! Je crie ! De surprise, de joie, de soulagement, je ne sais plus ! « Y a un bébé ! Y a un bébé ! » ; tout cela en l’attrapant, tout gluant, plein de vernix, pour le déposer sur mon ventre… Je ne m’en rends pas compte sur le moment. Mais lorsque j’écris ces lignes j’en pleure… Quelle chance inouïe d’avoir vécu ça. Quel bonheur. Quelle expérience tu m’as offertes là mon guide, mon ange. Ta présence si discrète, assurée et rassurante, pleine de confiance en moi, en la vie, pleine de juste retenue, pleine de justes encouragements. Je ne te remercierai jamais assez je crois, de m’avoir permis de mettre au monde mon enfant moi-même… Et je découvre ce petit visage tout fripé alors qu’ils mette7-La rencontre.jpgnt des serviettes chaudes sur son petit dos. Il est beau. Il garde fermés ses petits yeux, la rencontre se fera plus tard. Il pleure. Je lui parle. « Oui ça a été dur mon bébé, ça a été rapide, violent, intense, tu en as fait du chemin pour venir jusqu’à nous, je suis fière de toi. ». Au bout de quelques minutes je réalise que l’on ne connaît toujours pas le sexe. On découvre alors les petites testicules gonflées en soulevant la couverture. Un petit gars. Ce sera Pierre. On est si heureux. Le choix du roi. Il est 14h. Deux heures à peine après être rentrés de la balade… Deux heures d’intense émotion crescendo, de perte, de panique, de concentration, de conscience, de folie.

Au bout d’une dizaine de minutes de flottement, le placenta n’est toujours pas là. Nathalie me propose de sortir de l’eau, ce que je fais tant bien que mal, mon fils dans les bras, toujours accroché à l’intérieur de moi. Une fois allongée, les contractions reprennent mais toujours rien… J’essaie de pousser mais toujours rien… Le temps passe, on commence à s’inquiéter. J’entrevois le transfert à l’hôpital… Mon dieu que ce serait dommage… Non pas mainten8-Rencontre au calme avec bébé.jpgant, pas après tout ça, on est si bien chez nous. Le cordon a finalement cessé de battre, on le coupe pour me permettre de gagner en mobilité. Petit Pierre reste dans les bras de son papa. Je marche, rien n’y fait, accroupie, rien… Allez, encore un petit effort. Nathalie me guide, m’encourage, millimètre par millimètre. Encourageante mais vigilante, elle a le geste sûr. Je suis inquiète mais je n’ai pas peur. Je sais que je suis entre de bonnes mains. Les contractions sont très douloureuses, il a l’air loin ce jumeau, ce deuil de la grossesse à faire… Courage, laisse aller. Je suis exténuée par la douleur, je veux juste que ça cesse, que l’on me laisse tranquille. J’ai besoin de revoir mon bébé. De nouveau dans mes bras je le regarde, je m’apaise, il est si beau… Ah du mouvement, il paraît que ça vient. Encore un petit effort, je pousse, consciemment, sereinement, je maîtrise, de cette maîtrise qui m’a totalement échappée lors de l’accouchement. Maintenant l’effort est complet. Je suis fière. Millimètre par millimètre il arrive. Et c’est enfin la délivrance…

9-Une équipe au top

C’est à ce moment là qu’est à son paroxysme le pied d’accoucher chez soi : après avoir mis un peu d’ordre et quelques vêtements, nous nous servons une coupe de champagne ! Quel bonheur ! Mon petit bébé tout neuf chez moi, je trinque à son anniversaire avec mon homme et ma sage-femme, mes compagnons de route avec qui nous avons fait un travail d’équipe remarquable. Les petites bulles fraîches sont exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là, une fête, une récompense, le plaisir du travail accompli.

Il est 18h lorsque Nathalie nous laisse. Renaud remet tout en ordre, on ouvre un peu les volets. Un peu plus tar10-Pierre H+2.jpgd nos amis arrivent, Jeanne va rencontrer son petit frère ! Elle est la première à ouvrir la porte, elle a un sourire rayonnant sur le visage (comme à chaque fois qu’elle passe du temps avec eux). Je suis allongée sur le matelas encore au sol, Pierre dans les bras. Elle s’approche timidement mais assurément. Je la prends dans les bras et lui présente son petit frère. Elle semble émue et très rapidement souhaite le prendre dans ses bras, lui faire des caresses, des bisous. Ça ne s’est pas encore arrêté depuis. Nous passons la soirée à partager un bon repas par une belle soirée d’été, chez nous, entourés de nos amis chers à notre cœur, tout cela quelques heures seulement après la naissance de notre enfant… Je m’arrête un instant pour réaliser et savourer ma chance. Tout est parfait. J’en suis follement consciente. Merci la vie.

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ÉPILOGUE :

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Deux jours après cet événement, je récupère plutôt bien. Je suis heureuse d’être déjà chez moi, c’est confortable, c’est facile, c’est agréable. Pierre est un bébé très calme qui pleure peu, tète bien, dort beaucoup. Jeanne est très fière de son petit frère mais ne maîtrise pas toujours ses gestes du haut de ses deux ans et demi. Il va falloir aller le déclarer en mairie, première naissance sur la commune depuis 1948. Merci à tous ceux qui ont rendu cela possible.

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